
Astyrian RADAR (Raw Assessment of Devaluation And Realignment)
Indicateur de compétitivité économique et de distorsion des prix par la devise
Indice destiné à mesurer la sur/sous-évaluation des monnaies face à l'Euro (EUR) sur le périmètre des biens échangeables, pour déterminer le niveau de pression concurrentielle au niveau mondial par rapport aux producteurs européens en Europe (Europe comme zone de référence) comme à l'international. L'indice peut cependant être adapté à l'USD en prenant les Etats-Unis comme zone de référence.
Le Manifeste Astyrian : mesurer la réalité brute des prix, sans filtres
Le rapport « L'industrie européenne face au rouleau compresseur chinois », publié par le Haut-Commissariat au plan en février 2026, a mis en évidence que les produits chinois étaient en moyenne 40 % moins chers que leurs équivalents fabriqués en Europe. Ce document, qui a profondément modifié la perception européenne de la concurrence chinoise repose toutefois sur des indicateurs complexes à reproduire et donc à suivre dans le temps, puisqu'il s'appuie sur des entretiens menés auprès d'un large panel d'industriels.
Pour suivre cet indicateur dans la durée, faire vivre les conclusions du rapport dans la durée et prolonger ce constat au delà des seuls "prix pratiqués" et face à la cécité (volontaire ou non) de nombreuses institutions internationales, l'Astyrian RADAR Index fournit un "proxy" de cette mesure.
L'Astyrian RADAR index propose un baromètre agnostique quant à l'origine du déséquilibre. L'indice ne cherche pas à trancher entre les causes possibles d'un écart de prix : gains de productivité, subventions, coût du travail, surcapacités, structure démographique, niveau de protection sociale, structure des comptes courants, structure des flux financiers, niveau des taux directeurs ou stratégie de change. Il constate l'ampleur du désalignement, parce que c'est cette ampleur, quelle qu'en soit la cause, qui devient à terme insoutenable pour le tissu industriel d'en face et qui appelle, historiquement, un recalibrage monétaire.
Refus assumé de tout lissage. Le FMI et la Banque mondiale corrigent les écarts de prix pour les rendre « comparables » entre niveaux de richesse ; l'Astyrian RADAR s'y refuse, car le prix facturé à la frontière est la seule réalité que subit l'acheteur, indépendamment de sa justification théorique. Par ailleurs, nombre de pays émergents sont dorénavant au moins aussi avancés technologiquement que les pays européens. Pour beaucoup d'entre eux, plus rien ne justifie une dévaluation avant tout compétitive. Idem pour certaines économies développées comme le Japon et la Corée qui depuis 2020 ont vu leurs monnaies fortement dévaluées face à l'Euro (-30% pour le Won coréen, -40% pour le Yen japonais).
Si le marché des devises remplissait son rôle de stabilisateur, les monnaies des pays ultra-exportateurs s'apprécieraient massivement pour rééquilibrer le commerce mondial. L'Astyrian RADAR mesure la faillite de ce mécanisme et révèle la sous-évaluation brute réelle des devises face à l'Euro.
L'Euro est-il surévalué ? De combien ? Face à quelles devises ? Un indice indépendant, mis à jour régulièrement, citable (sous condition d'en indiquer le nom et l'origine — voir mentions légales en bas de page) pour décideurs économiques et politiques, journalistes, chercheurs et analystes macro.
1. Quatre lectures complémentaires
- Astyrian RADAR priced (prolongation du rapport du Haut commissariat au Plan mais avec un benchmark de tous les pays du monde, pas seulement limité au cas du "duel" Europe/Chine) : Cartographie des prix pratiqués par catégorie par pays. Il répond à la question : « Quels sont les prix pratiqués par ce pays dans tel secteur d'activité ? ». Seule version de l'Astyrian RADAR gratuite et diffusée au grand public. Une version non diffusée publiquement s'attache également à faire l'analyse au sein du bloc européen pour déterminer/estimer les prix de production des différents pays du bloc.
- Astyrian RADAR Real : Potentiel de marge inexploité compte tenu de la compétitivité réelle par pays. Il répond à la question : « A quel point ce pays pourrait-il être compétitif compte tenu du niveau de sa devise, de son coût du travail réel et de sa productivité ? C'est le véritable niveau de sous-évaluation d'une devise.
- Astyrian RADAR Hidden : Menace concurrentielle latente, pour anticiper les guerres de prix à venir (ou pour identifier les meilleures implantations d'usines). Il répond à la question : « Combien de compétitivité, prêt à être dégainé, ce pays garde-t-il en réserve et de fait que peut-être le niveau de marge ? ».
- Astyrian RADAR Capacity : « Ce pays a-t-il l'outil industriel pour exploiter cette réserve et dans quels secteurs ? » C'est le filtre qui transforme un diagnostic monétaire et financier en décision opérationnelle : sans capacité de production locale, une sous-évaluation reste théorique. Il répond à la question : « Ce pays a-t-il l'outil industriel pour exploiter cette réserve et dans quels secteurs ? ».
Astyrian propose ainsi une chaîne complète à 360°. Prix affiché (Priced) → coût réel (Real) → marge (Hidden) → outil pour l'exécuter (Capacity). Seul l'indice Astyrian RADAR Priced est publié. Nous contacter pour en savoir plus sur les autres indices.
Quatre indicateurs qui permettent de répondre à des questions comme : Liste des secteurs à risque en Europe ? Quels sont les vrais compétiteurs de l'Europe au delà de la Chine ? Cibles potentielles d'implantation industrielle par secteur d'activité à l'étranger ? Cibles d'implantation de R&D par secteur d'activité ? Cartographie des risques et opportunités par secteur d'activité ?
Au delà, le cabinet propose d'accompagner les entreprises dans leur stratégie industrielle pour les adapter à la réalité économique mise en exergue par les indicateurs RADAR tout en intégrant les contraintes géopolitiques (de plus en plus déterminantes) dans les arbitrages.
2. Tableau de bord ("Astyrian RADAR Priced" agrégé par pays)
Dernière mise à jour : Juillet 2026 (données estimation à fin 2025) | Monnaie de référence : Euro | Périmètre : biens manufacturés échangeables
Note : un score négatif (−) indique une sous-évaluation face à l'Euro (arme de compétitivité face à la zone EUR). Un score positif (+) indique une surévaluation (frein à l'exportation vers la zone EUR). La référence « Europe productive » est fixée à 0 %.
Dernière mise à jour : Juillet 2026 (estimation à fin 2025)
Monnaie de référence : Euro
Périmètre : biens manufacturés échangeables
Lecture : un score négatif (−) = sous-évaluation face à l'Euro (arme de compétitivité contre la zone EUR) ; un score positif (+) = surévaluation (frein à l'exportation vers la zone EUR). Plus la teinte est rouge, plus la devise est dévaluée. La référence « Europe productive » est fixée à 0 %.
| Devise | Code | Écart vs EUR (fin 2025) | Lecture |
|---|---|---|---|
| Yuan chinois | CNY | −48 % | Sous-évaluation massive (surcapacités, déflation industrielle sur un nombre impressionnant de secteurs) |
| Dirham marocain | MAD | −45 % | Sous-évaluation massive (hub nearshore Europe sur certains secteurs : auto, aéronautique, textile) |
| Dong vietnamien | VND | −35 % | Sous-évaluation élevée (devise gérée, forte dépréciation 2025) |
| Livre turque | TRY | −34,5 % | Sous-évaluation massive (hyperinflation neutralisée par la dépréciation) |
| Roupie indienne | INR | −32,7 % | Sous-évaluation structurelle |
| Won coréen | KRW | −30,2 % | Sous-évaluation structurelle (forte dépréciation du won depuis 2020 et notamment en 2025 - présence sur de nombreux secteurs : naval, électronique, acier, automobile, etc.) |
| Réal brésilien | BRL | −28,1 % | Sous-évaluation élevée |
| Yen japonais | JPY | −17,3 % | Sous-évaluation historique (forte dépréciation du Yen avec une perte de -40% depuis 2020) |
| Euro | EUR | référence | Référence — Europe productive |
| Dollar américain | USD | + 8,3 % | Légère surévaluation |
| Dollar canadien | CAD | + 8,0 % | Légère surévaluation |
| Livre sterling | GBP | +15,8 % | Surévaluation marquée (prix de production élevés) |
Tableau représentant le RADAR Priced agrégé par pays (il existe une version par catégorie de produit) : de nombreux pays disposent d'un capital de baisse accrue (probablement transformé à l'heure actuelle en marge additionnelle et/ou en capacité d'investissement additionnelle). C'est le RADAR Real qui mesure cette marge additionnelle.
3. Le grand schisme : Astyrian RADAR vs FMI
Les grandes institutions justifient en partie l'immense excédent commercial chinois notamment par le vieillissement de sa population et l'absence de filet social (pas de système de retraite notamment) : selon cette théorie, il serait normal qu'un pays vieillissant et sans filet social comprime sa consommation intérieure pour épargner en vue des retraites. La faille logique est arithmétique.
Le vieillissement de la population est un phénomène mondial. Si le Japon et la Chine ont pris un peu d'avance, l'Europe vieillit elle aussi à un rythme rapide. Dans un scénario où toutes les nations majeures affrontent le même mur démographique, le modèle du FMI s'effondre arithmétiquement : tout le monde ne peut pas être en excédent commercial en même temps.
En l'absence de filet social, l'épargne forcée des ménages chinois est captée par le système bancaire d'État et réinjectée en capitaux ultra-subventionnés dans des usines en surcapacité, dont la production est exportée à prix cassés — un dumping capturé par l'Astyrian RADAR. À l'inverse, l'Europe fait le choix d'endetter ses États et de taxer son appareil productif pour soutenir un système de retraite par répartition supposé fiable (alors qu'il ne l'est pas), tout en maintenant un Euro fort qui agit comme une prime permanente à la désindustrialisation.
L'Astyrian RADAR Index refuse de valider cette trajectoire de déclin. En mesurant l'écart brut de compétitivité, il pose le diagnostic indispensable : l'Europe ne pourra pas financer ses transferts sociaux si elle laisse ses usines s'asphyxier face à des devises maintenues artificiellement basses.
4. Quelles réponses vis à vis de pays industriels dont les devises sous-évaluées
Une réponse à l'échelle européenne
L'Europe ne peut continuer à jouer un match faussé en s'accrochant à un dogme conçu pour un autre monde. Trois leviers s'imposent. Protéger notre marché à minima sur les secteurs stratégiques (il n'y a pas d'alternative lorsque la différence de prix est de l'ordre de 40% vis à vis des produits chinois). Soutenir massivement nos industries via un budget européen reconfiguré pour la compétitivité et briser le tabou du mandat de la BCE pour y intégrer la compétitivité et l'emploi à côté de l'inflation sur le modèle du double mandat de la Fed. L'objectif de la BCE devrait être de disposer d'une économie dynamique et du plein emploi, pas une cible d'inflation mortifère. Le véritable enjeu n'est pas l'EUR/USD, déjà proche de l'équilibre. C'est le décrochage de 30 à 45 points face aux devises asiatiques industrielles et l'incapacité européenne à y répondre. Pendant que nous débattons, le rouleau compresseur chinois avance.
Une réponse à l'échelle occidentale avec un accord du Plaza 2.0
Dans les années 1980, le dollar américain très fortement survalorisé creusait le déficit commercial des États-Unis et pesait sur la compétitivité et ses exportations.
L’objectif affiché de l’accord du Plaza signé en 1985 était donc de déprécier le dollar face au yen japonais et au mark allemand (et indirectement face aux autres devises majeures), afin de rééquilibrer les flux commerciaux.La réalité d'aujourd'hui, c'est que l'ensemble des devises occidentales (EUR, mais aussi USD, GBP, CHF, CAD, etc.) sont très fortement survalorisées face notamment aux devises des géants asiatiques pourtant au moins aussi productifs (Chine en premier lieu qui en plus en profite pour inonder le monde de ses surcapacités, mais également Corée et Japon). D'autres pays émergents industriels (mais qui montent rapidement le long de la chaîne de valeur) se trouvent dans une situation similaire : Turquie et Maroc à nos portes ou encore l'Inde.
L'urgence pour préserver les équilibres, s'assurer que l'occident puisse garder son industrie tout en autorisant de nouvelles nations à développer la leur : rééquilibrer de force les rapports de forces des grandes devises pour qu'elles représentent la réelle puissance économique (et le niveau de productivité) des différents pays. Une piste envisageable : passer par un accord similaire à celui du Plaza en 1985 mais appliqué à un panier de devises occidentales (USD, EUR, GBP, CHF) vis à vis d'un autre panier de devises (pays industriels asiatiques et plus largement les pays émergeants industriels).
5. Questions fréquentes sur l'Astyrian RADAR
Qu'est-ce que l'Astyrian RADAR Index (Raw Assessment of Devaluation And Realignment) ?
L' "Astyrian RADAR" est une série d'indices qui mesure la sur ou sous évaluation des grandes devises face à l'Euro. L' "Astyrian RADAR Priced" (qui est l'un de ces indices) mesure quant à lui la sur ou sous-évaluation des grandes devises face à l'Euro du point de vue d'un acheteur ou d'un industriel européen. Il compare le prix réel des biens manufacturés à la frontière.
En quoi l'Astyrian RADAR diffère-t-il des mesures du FMI ?
Le FMI lisse les écarts de prix via différentes méthodes qui atténuent les déséquilibres (voir détails ci-dessous). L'Astyrian RADAR refuse ce lissage et mesure l'écart de prix brut réellement subi, révélant des désalignements bien plus marqués — par exemple un Yuan sous-évalué de plus de 40 % (la réalité déjà identifiée par le Haut commissariat au Plan) là où le FMI retenait 16 % par rapport à un panier de devise en février 2026.
Méthode utilisée par le FMI : Le FMI utilise une méthode standardisée appelé EBA (External Balance Assessment), développée par son département des études.
Plutôt que de comparer de simples prix de biens (comme le fait l'indice Big Mac), le FMI cherche à déterminer le Taux de Change Effectif Réel d'équilibre (TCER), c'est-à-dire le taux de change qui équilibre à la fois l'économie interne et les comptes extérieurs d'un pays à moyen terme.
Voici les 3 grandes approches complémentaires utilisées par le FMI :
1. L'approche du Compte Courant (Current Account Model) : Principe : Si le compte courant réel d'un pays est en excédent excessif par rapport à sa norme théorique, cela indique que sa monnaie est sous-évaluée (ses produits exportés sont artificiellement trop compétitifs). La version théorique dépend de fondamentaux Structurels (comme la démographie, le niveau de développement, les ressources naturelles), des politiques économiques (comme le solde budgétaire de l'état, le niveau de protection social, les réserves de changes, le niveau de crédit du secteur privé).
2. L'approche directe du Taux de Change Réel (REER Index Model). Cette approche s'intéresse directement aux prix et aux coûts relatifs entre un pays et ses partenaires commerciaux. Le FMI modélise le Taux de Change Effectif Réel (TCER) de la monnaie en fonction de plusieurs variables macroéconomiques fondamentales :
- La productivité relative (Effet Balassa-Samuelson) : Un pays dont la productivité augmente plus vite que ses partenaires voit normalement sa monnaie s'apprécier naturellement (le Yuan aurait du s'apprécier).
- Les termes de l'échange : Le prix des exportations rapporté au prix des importations.
- La position extérieure nette (NIIP) : L'accumulation d'actifs financiers nets vis-à-vis du reste du monde.
- Le niveau de dépenses publiques et la démographie.
L'écart entre le niveau réel de la monnaie et ce que prédit ce modèle statistique donne le niveau de sur/sous-évaluation.
3. L'approche de la Position Extérieure (External Sustainability Model). Cette troisième méthode vise la viabilité financière à long terme :
- Le FMI détermine le taux de change qui permet de stabiliser la position financière extérieure d'un pays (ses avoirs et ses dettes vis-à-vis de l'étranger) à un niveau jugé soutenable.
- Pour un pays fortement créancier net comme la Chine, un taux de change trop bas conduit à accumuler indéfiniment des réserves/actifs étrangers, signalant un déséquilibre d'évaluation.
Bilan : le FMI estimait courant février 2026 que le Yuan était sous-estimé de 16% par rapport à un panier de devise. Notre analyse est que cette estimation est largement sous estimée (ce qui est confirmé par les chiffres du rapport du Haut commissariat au Plan).
Quelles devises sont couvertes ?
L'indice couvre une quinzaine de devises (l'ensemble de celles qui comptent vraiment pour la production industrielle à l'échelle de la planète), toutes comparés à l'Euro pris comme référence (mais un équivalent comparé au Dollar américain est extrapolable).
De quand datent les chiffres ?
Le socle de calcul repose sur des données 2024, dernier millésime international disponible. Les valeurs affichées dans le tableau sont une estimation reprojetée à fin 2025, intégrant l'évolution des prix de production et des taux de change entre les deux périodes. Cette reprojection est signalée comme une estimation mais permet d'être au plus près de la réalité économique (important lorsque d'important mouvements de change ont lieu).
Peut-on citer l'Astyrian RADAR dans une publication ou un travail académique ?
Oui. L'utilisation et la reproduction des données sont autorisées à condition de mentionner la source sous la forme « Source : Astyrian RADAR Index » avec un lien vers la présente page. L'indice est conçu pour être cité par les décideurs, les journalistes, les politiques et les chercheurs.
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