
Source : INSEE (l'INSEE ne dispose pas d'une série officielle au-delà de 1949. Elle propose cependant un convertisseur du pouvoir d'achat franc-euros proposant une série plus longue permettant de remonter jusqu'en 1901. C'est ce convertisseur qui a été utilisé pour récupérer les données présentée ici).
Ci-dessus une représentation de l'inflation annuelle Française sur longue période (1915-2023).
En 2023 (dernière année visible sur le graphe), l'inflation a atteint +4,90% après un pic à +5,20% en 2022. Ceci après avoir atteint un point bas à +0,5% en 2020.
En 2024 (année non visible sur le graphe), l'inflation s'est élevée à +2,0% et elle est estimée à +0,8% pour 2025.
En définitive, une séquence certes inflationniste mais qui n'a rien à voir avec un cycle d'hyperinflation pourtant souvent évoqué dans la presse.
Nos propres anticipations en matière d'inflation :
De manière structurelle et sur le moyen/long terme :
De notre point de vue, l'essentiel du pic inflationniste était transitoire, lié à un choc d'offre et sa résorption dans une large proportion indépendante de la réaction des banques centrales (notamment côté BCE où l'économie n'était pas en surchauffe).
La hausse importante (et à notre sens excessive côté Européen) des taux directeurs (avec le ralentissement économique qu'elle a induit) a cependant abouti à une modération de la croissance, à un ralentissement du marché du travail et à une modération des demandes d'augmentations de salaires. Une erreur de politique monétaire d'après nous.
En effet, les investissements massifs à venir (notamment dans la transition énergétique, la réindustrialisation, les ressources militaires et la relocalisation de nos chaînes de valeur) sont par nature inflationnistes.
Aussi, notre conviction est que, sauf choc exogène (ou erreur de politique monétaire, malheureusement pas impossible), l'inflation Européenne devrait naturellement se stabiliser à un niveau supérieur aux 2% visés par la Banque Centrale Européenne.
La réalité est qu'un changement de paradigme (le nécessaire financement de tous ces investissements, par nature inflationnistes) justifie à notre sens une inflation supérieure en Europe (entre 2,5% et 4%). De notre point de vue, une inflation qui se stabiliserait à ce niveau serait une véritable opportunité dont il faudrait profiter pour investir massivement, pour rétablir les équilibres et pour assainir les finances publiques (voir explications en bas d'article).
Sur le court/moyen terme :
A moyen terme, l'évolution de l'inflation dépendra pour beaucoup de l'attitude de la BCE.
Actuellement, avec un taux de facilité des dépôts à 2% (taux historiquement considéré comme neutre), mais avec en parallèle le maintien d'une action de "Quantative Tightening" (QT) visant à réduire la taille du bilan de la BCE (laquelle influence les taux à 10 ans - le cœur du moteur économique), la politique monétaire de la BCE est encore très restrictive à l'échelle de la zone Euro. La politique monétaire freine donc l'activité. La politique monétaire mettant en gros 18 mois à produire ses pleins effets, le fait d'avoir ramené les taux directeurs à 2% en Juin 2025 devrait cependant aider à relancer l'activité en Europe (ou tout du moins la freiner moins qu'auparavant).
Pour les principaux pays (Allemagne, France, Italie), le frein du QT se cumule à des taux directeurs eux mêmes restrictifs si l'on considère (et c'est la théorie économique) que les taux à 10 ans supérieurs à la croissance nominale signifient une politique restrictive.
En France, la politique budgétaire est en complément également en phase restrictive.
Par conséquent, à court terme (hors plan de relance Allemand), le moteur de l'investissement est largement coupé dans les plus grandes économies de la zone Euro et seul le moteur de la consommation (qui n'a pas encore véritablement redémarré) est susceptible de soutenir l'activité. Les salaires étant dorénavant à nouveau supérieurs à l'inflation et les Européens ayant beaucoup épargnés, c'est avant tout l'aspect psychologique (le retour de la confiance) qui pourra agir sur ce point.
A court terme, à l'échelle de la zone Euro, l'inflation est revenue à la cible de 2% de la BCE (cible à notre sens insuffisante). Elle est passé en dessous dans les plus grandes économies de la zone et est anticipée en dessous de 2% sur l'ensemble de la zone Euro dans les trimestres à venir.
Le risque est cependant que ce retour à une inflation de 2% satisfasse la BCE alors que l'Europe (et son économie) ont besoin d'un soutien pour relancer la machine du fait d'une inflation maintenant structurellement supérieure.
Si la BCE maintient cette cible de 2%, elle étouffera l'économie avec à moyen terme un risque de déflation (le pire des maux).
Définition de l'inflation
L'inflation correspond à la perte du pouvoir d'achat d'une monnaie. Elle se traduit par une augmentation générale et durable des prix.
C'est l'indice des prix à la consommation (IPC) qui est utilisé pour évaluer le taux d'inflation.
A titre informatif, cette mesure n'est pas complète, le phénomène inflationniste couvre en effet un champ plus large que celui de la seule consommation des ménages. Ainsi, les loyers sont pris en compte dans l'élaboration de l'indice mais pas les prix de l'immobilier (les remboursements des prêts liés à l'acquisition d'un bien immobilier étant par exemple considérés comme un investissement, lesquels ne sont pas comptabilisés).
Pourquoi obtenir un historique de l'inflation sur longue période ?
L'Insee ne dispose pas de série officielle au-delà de 1949. Dès lors, les données officielles plus anciennes sont difficilement accessibles.
Or, la situation de ces dernières années (crise du covid-19 suivie de la guerre en Ukraine), par sa nature et sa profondeur présente beaucoup de similitudes avec les situations connues dans le cadre des deux guerres mondiales, notamment des ratios d'endettement (dettes publiques / PIB) qui tutoyait les 200% après guerre en France et les 300% au Royaume-Uni ainsi qu'un niveau d'inflation particulièrement élevé.
Dès lors, il nous a semblé intéressant d’analyser comment les grandes économies étaient sorties par le haut de ces situations d’endettements excessifs lors des précédentes grandes guerres.
En effet, si la situation actuelle présente des similitudes avec la crise des années 70 (chocs pétroliers), il faut se rappeler qu'à l'époque, les niveaux d'endettement (faibles à l'époque) n'étaient pas du tout les mêmes que ceux qui ont cours aujourd'hui.
C'est dans cet objectif (afin de connaître le niveau de l'inflation pendant et après les deux guerres mondiales) que nous avons récupéré auprès de l'INSEE les données officielles sur l'inflation sur longue période. Notre analyse a également couvert l'analyse des taux directeurs (taux courts), des taux à 10 ans (taux "longs"), du PIB, de l'évolution du ratio d'endettement (dettes / PIB) ainsi qu'un certain nombre d'autres indicateurs.
BILAN DE NOTRE ANALYSE
Nous sommes arrivés à la conclusion que la modification du mandat de la BCE (avec une remise en cause du dogme des 2%) est la seule solution pour sortir par le haut de la situation actuelle.
Vous retrouverez sur une page dédiée, mise à jour régulièrement, un argumentaire complet en faveur d'une modification du mandat de la BCE.
Toutes vos remarques et contributions sont les bienvenues pour alimenter le débat !
Avis aux économistes, journalistes, politiques ou aux simples citoyens pour analyser ces arguments avec objectivité (et sans à priori) et les relayer si vous les trouvez pertinents.
PRIX & DISTINCTIONS
- Trophée d’argent dans la catégorie “Révélation CGP 2019” au Sommet "Patrimoine & Performance"
- Finaliste des Trophées de la Gestion de patrimoine 2021 (BFM Patrimoine)
L'équipe Astyrian Patrimoine


