Historique inflation Française depuis 1915 — Données INSEE

Mise à jour : mai 2026 | Source : INSEE | Données 1915–2025

Graphique : inflation française annuelle depuis 1915 (source INSEE)

Inflation — Historique inflation française depuis 1915 — Longue période — France — source INSEE
Inflation annuelle française 1915–2025 — Source : INSEE. Note : l'INSEE ne dispose pas de série officielle au-delà de 1949. Le convertisseur franc-euros de l'INSEE, permettant de remonter jusqu'en 1901, a été utilisé pour les données antérieures.

Ce graphique représente l'inflation annuelle française sur 110 ans. Il permet d'identifier les cinq grandes séquences inflationnistes de l'histoire économique française et de replacer l'épisode post-COVID dans une perspective de très long terme.

Pour aller plus loin

Et si le dogme des 2 % de la BCE était lui-même la cause du problème, plutôt que la solution ? Les données sur 110 ans d'inflation française aboutissent à une conclusion contre-intuitive — et à une proposition concrète pour financer massivement la réindustrialisation et le réarmement européens sans augmenter les impôts.

Lire notre théorie monétaire →

Données récentes : inflation France 2020–2025

AnnéeTaux d'inflation (INSEE)Contexte
20200,50 %Choc COVID — effondrement de la demande
20211,60 %Début de la reprise post-COVID
20225,20 %Choc d'offre + guerre en Ukraine → pic inflationniste
20234,90 %Persistance des effets du choc d'offre
20242,00 %Désinflation rapide — retour vers la cible BCE
20250,90 %Politique monétaire restrictive — risque de déflation

Le pic de 5,2 % atteint en 2022 reste sans commune mesure avec les épisodes historiques d'après-guerre (50 %+ en 1946–1947). La séquence 2022–2023 s'apparente à un choc d'offre transitoire, non à un régime d'hyperinflation structurelle — contrairement à ce que certains médias ont pu laisser entendre.

Les cinq grandes périodes inflationnistes en France depuis 1915

1. Première Guerre mondiale et après-guerre (1915–1925)

Le financement de l'effort de guerre par création monétaire déclenche une vague inflationniste sévère, avec des taux dépassant régulièrement 20 % et un pic autour de 1920. Le retour à la stabilité s'effectue au prix d'une forte rigueur monétaire dans la seconde moitié des années 1920.

2. Seconde Guerre mondiale et reconstruction (1939–1950)

Des taux annuels supérieurs à 50 % sont enregistrés entre 1944 et 1948, avec des ratios dette/PIB dépassant 200 % en France et 300 % au Royaume-Uni. C'est dans ce contexte — comparable structurellement à la situation post-COVID — que l'analyse historique prend tout son intérêt.

3. Les Trente Glorieuses — l'inflation "de croissance" (1950–1973)

Contrairement à l'idée reçue, les Trente Glorieuses sont caractérisées par une inflation structurelle autour de 5 %, accompagnée de taux d'intérêt réels négatifs. Cette inflation accompagne une expansion économique sans précédent et contribue à éroder progressivement les dettes de guerre. Résultat : la dette publique française passe de 46 % du PIB en 1949 à 15 % en 1977, sans austérité.

Ce que les données des Trente Glorieuses révèlent : une inflation à 5 % accompagnée de taux réels négatifs a produit des finances publiques plus saines, un endettement en recul et une part des salaires en hausse — l'exact opposé du bilan de la politique des 2 % menée depuis 1980.
Comprendre pourquoi et en quoi ce modèle est applicable aujourd'hui

4. Les chocs pétroliers (1973–1985)

Le double choc pétrolier de 1973 et 1979 propulse l'inflation française à plus de 13 % en 1974, puis 14 % en 1980. La désinflation engagée dès 1983 dans le cadre de la politique du "franc fort" ramène progressivement l'inflation à des niveaux maîtrisés, au prix d'une décennie de rigueur économique.

5. La grande désinflation (1986–2020)

Trente-cinq ans de désinflation structurelle, avec des taux oscillant entre 0 % et 3 %. Cette période exceptionnelle — favorisée par la mondialisation, la déréglementation et l'indépendance des banques centrales — a durablement ancré l'idée que l'inflation était un phénomène du passé. La mondialisation portait une contribution déflationniste majeure : sa remise en cause depuis le COVID est l'un des facteurs structurels inflationnistes les plus sous-estimés.

Nos anticipations sur l'inflation européenne

Vision structurelle (moyen/long terme)

L'essentiel du pic inflationniste post-COVID était transitoire, lié à un choc d'offre dont la résorption était largement indépendante de la réaction des banques centrales — en particulier côté BCE, dans une zone euro qui n'était pas en situation de surchauffe.

Les grands chantiers qui s'imposent à l'Europe — réindustrialisation, relocalisation des chaînes de valeur, transition énergétique, réarmement — sont par nature structurellement inflationnistes. L'inflation européenne devrait se stabiliser durablement au-dessus de la cible de 2 % de la BCE, probablement dans une fourchette de 2,5 % à 4 %.

Loin de constituer un danger, une inflation stabilisée à ce niveau représenterait une opportunité historique : elle offrirait le levier nécessaire pour financer massivement les investissements requis — renouant avec la dynamique des Trente Glorieuses, où une inflation à 5 % accompagnait une croissance réelle soutenue et un assainissement progressif des finances publiques.

Situation à court terme (zone euro, printemps 2026)

La politique monétaire de la BCE reste structurellement restrictive malgré la baisse du taux de facilité des dépôts à 2 % (atteint en juin 2025). Le maintien du Quantitative Tightening (QT) exerce une pression haussière sur les taux longs — le véritable moteur du cycle économique. Dans les principaux pays de la zone euro (Allemagne, France, Italie), les taux à 10 ans restent supérieurs à leur croissance nominale : signe d'une politique encore clairement restrictive pour l'économie réelle.

L'inflation sous-jacente de la zone euro s'établissait à +2,3 % en mars 2026. La BCE anticipe un retour à 2 % dès 2027 — ce qui constitue précisément le risque : une BCE satisfaite de ce résultat pourrait maintenir une orientation trop restrictive et étouffer une reprise déjà fragile, voire ouvrir la voie à la déflation.

Le vrai débat

Quelle cible d'inflation est cohérente avec les besoins d'investissement colossaux de l'Europe des prochaines décennies ? Notre réponse s'appuie sur le concept r < g (taux réel inférieur à la croissance nominale), le bilan chiffré des Trente Glorieuses, et une proposition concrète de QE ciblé sur l'investissement — pas sur la consommation.

Lire l'argumentaire : comment changer le mandat de la BCE →


Définition : qu'est-ce que l'inflation ?

L'inflation désigne la perte de pouvoir d'achat d'une monnaie, se traduisant par une augmentation générale et durable des prix.

En France, elle est mesurée par l'indice des prix à la consommation (IPC), publié mensuellement par l'INSEE. Cet indice couvre un panier représentatif de biens et services : alimentation, logement (loyers, énergie), transports, santé, loisirs, etc.

Limite importante : l'IPC n'intègre pas les prix de l'immobilier à l'achat (traités comme un investissement). Dans les périodes de forte hausse des prix immobiliers, l'inflation "ressentie" par les ménages est donc systématiquement sous-estimée par l'indicateur officiel.


Conclusion : le mandat de la BCE en question

L'analyse de l'historique inflation sur longue période aboutit à une conclusion centrale : le dogme des 2 % n'est pas une loi économique, c'est un choix politique — et un choix dont le bilan depuis 50 ans est objectivement négatif. La dette publique française est passée de 15 % du PIB en 1977 à plus de 115 % aujourd'hui. La part des salaires dans la valeur ajoutée a chuté. Le déficit structurel n'a fait que se creuser.

Les sorties de crise réussies dans l'histoire ont toutes reposé sur une combinaison d'investissement massif, de taux réels négatifs et d'une inflation suffisante pour éroder progressivement le stock de dette publique — sans austérité brutale.

Notre théorie monétaire complète

Comment financer des investissements colossaux sans augmenter les impôts, sans violer le Pacte de stabilité, et sans déclencher une spirale inflationniste ? La réponse est dans les données historiques — et elle est entre les mains de la BCE.

  • Le bilan chiffré de 50 ans de politique des 2 % : un échec documenté
  • Le modèle des Trente Glorieuses appliqué à l'Europe d'aujourd'hui
  • Le concept r < g et son opérationnalisation concrète
  • Une proposition de QE ciblé sur l'investissement — pas sur la consommation

Lire : "Pourquoi il faut changer le mandat de la BCE" →


Questions fréquentes sur l'historique de l'inflation en France

Quel a été le taux d'inflation le plus élevé en France ?
Les pics les plus élevés ont été atteints en 1946–1947, avec des taux annuels supérieurs à 50 %, dans le contexte de la reconstruction post-Seconde Guerre mondiale. C'est cette période — et non 2022 — qui constitue le véritable épisode d'hyperinflation de l'histoire économique française.

Quelle est l'inflation en France en 2025 ?
Le taux d'inflation annuel en France en 2025 s'établit à 0,9 % selon l'INSEE — en forte baisse par rapport au pic de 5,2 % atteint en 2022. Ce niveau bas soulève désormais la question inverse : le risque de déflation dans un contexte de politique monétaire encore restrictive.

Où trouver les données historiques d'inflation de l'INSEE ?
L'INSEE publie une série officielle depuis 1949. Pour les données antérieures, le convertisseur de pouvoir d'achat de l'INSEE (outil en ligne sur insee.fr) permet de reconstituer une série remontant jusqu'en 1901 à partir des archives de l'indice franc-euros.

L'inflation post-COVID était-elle comparable à une hyperinflation ?
Non. Le pic de 5,2 % atteint en France en 2022 reste sans commune mesure avec les épisodes d'hyperinflation historiques (50 %+ en 1946–1947). Il s'agissait d'un choc d'offre transitoire lié à la reprise post-COVID et à la guerre en Ukraine, non d'un régime d'hyperinflation structurelle.

Quelle inflation la BCE anticipe-t-elle pour 2027 ?
Dans ses projections de mars 2026, la BCE anticipe un retour de l'inflation de la zone euro à sa cible de 2 % dès 2027. Nous considérons ce scénario crédible à court terme, mais structurellement insuffisant : les investissements nécessaires à la réindustrialisation et au réarmement de l'Europe justifieraient une cible d'inflation plus élevée, probablement entre 2,5 % et 4 %.


Stéphane Faure est président d'Astyrian Patrimoine, cabinet de gestion de fortune indépendant, Paris 16e / Neuilly-sur-Seine. Les analyses publiées reflètent les convictions du cabinet et ne constituent pas un conseil en investissement. Données mises à jour en mai 2026. Sources : INSEE, BCE, Banque mondiale, FMI.

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